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 Histoire - Kenshi no Kanzen Kanzaku

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Byabya~~♥
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Date d'inscription : 11/12/2010
Age : 26
Localisation : Nancy

MessageSujet: Histoire - Kenshi no Kanzen Kanzaku   Mar 8 Fév - 6:02

[pas fini, mais je vous en donne une bonne partie, si vous voyez des fautes orthographe, corrigez, je ne me suis pas relu]
-> let's go
==> l'histoire sera en grande partie celle sur ce premier post, le reste sera des suites (la faute à rada qui m'a dit que ça sera trop long :p)

---------------------------------------------------------------------

~Kanzen Kanzaku~

Prémices du Monde : « Non, tu ne pourras pas toujours vivre dans tes livres. »


C'est ce que m'a dit le conseiller scolaire avant de convoquer mes
parents. Mes notes n'étaient pas si mauvaises, pas forcément excellentes
non plus, disons dans la moyenne pour m'assurer des études normales et
classiques. Mon comportement était correct mais plutôt que d'être
turbulent, j'étais surtout un peu trop dissipé, l'esprit ailleurs
pendant les cours et je ne sais pourquoi le professeur semblait trouver
plus utile d'interrompre ce qu'il disait afin de me rappeler à l'ordre,
faire rire et railler mes camarades de classe, me faire m'excuser et
continuer, tandis qu'il aurait pu faire comme si j'étais passionné par
les dérivées de fonctions affines, la classe ne s'en serait pas plus mal
portée.
Mes camarades eux, trouvaient ça plutôt amusant.
Je n'avais pas beaucoup d'amis mais je ne causais de problèmes à
personne, cela me permettait de rester plus ou moins en bon terme avec
tout le monde et surtout d'éviter toutes situations d'ennuis potentiels.
Pour ce qui est d'une petite amie, là, c'était encore un peu plus
compliqué mais pour faire simple, je n'en ai jamais eu. Il faut dire que
je n'ai pas grand chose pour faire chavirer les cœurs, on ne m'a
jamais complimenté plus que ça sur mon physique, pas terrible en sport
et mes notes ne font pas ressortir en moi une intelligence supérieure
telle qu'on pourrait en voir dans les futurs Todai.
Il y a bien
Shizuka-Senpai, mon amie d'enfance avec un an de plus, je n'ai jamais
vraiment osé lui avouer qu'elle me plaisait, j'ai toujours pensé qu'elle
avait plutôt pitié de moi au fur et à mesure que nous grandissions. En
fait je crois juste qu'elle était d'une incroyable gentillesse comme je
l'ai toujours connue et comme elle m'a toujours plu. J'aimerais bien
être capable de la protéger des vers de terres comme quand nous étions
petits mais je ne suis plus très sûr que ça ait la même valeur héroïque
qu'à l'époque, dommage, ça restait encore à ma portée hehe.
En fait,
je passe mon temps à écrire et à dessiner dans mes cahiers, c'est
vraiment ma seule véritable passion et occupation. Pourtant, à la base,
j'étais rentré dans le club d'art et littérature uniquement parce que
Shizuka-Senpaï était la dernière membre active de ce club et qu'elle y
tenait beaucoup. Je pense que sa poitrine a bien grossi entre la
dernière fois ou elle m'avait pris dans ses bras et cette fois là, je ne
savais tellement plus où me mettre que je n'ai pu sortir qu'une phrase
de super héros sentai de l'époque. Cela nous avait bien surpris tous les
deux et en avons rigolé alors que je ne me suis jamais senti aussi
honteux de mon manque de courage à franchir les pas de la vie. Depuis ce
jour, je me suis découvert ce talent pour écrire et dessiner des
univers merveilleux comme on en trouve dans les mangas qui avaient bercé
mon enfance et continuaient encore maintenant. En fait, on peut dire
que j'ai de la chance de ne pas avoir été catalogué comme otaku sur ce
point là, je crois que je n'aurais jamais pu retourner la situation. En
tout cas, ce qui était sûr, c'est que je ne pouvais pas m'en passer,
même en classe quand je m'ennuyais, je ne pouvais m'empêcher de m'évader
dans ces mondes merveilleux et d'en crayonner, esquisser les paysages
qui me berçaient et les aventures héroïques que j'y vivais. Bon je le
faisais déjà avant quand j'étais petit mais je pouvais quand même bien
me vanter d'avoir nettement progressé depuis.

En tout cas, c'est
pour cette raison que j'avais été convoqué avec mes parents pour
discuter de cette attitude soi-disant gênante. Mes parents n'étant pas
encore arrivés, je m'étais mis à rechuter dans ce qu'on me reprochait et
continuais donc à frotter ma plume fétiche harmonieusement sur les
feuilles de mon cahier. Oh, en fait, je m'appelle Masato Kenshi, 14 ans.
Quelqu'un sait-il comment j'ai atterri ici ...?

Monde 0 : La mort n'est pas un terrain de jeu que l'on apprivoise (1)

C'était
plutôt angoissant pour tout vous dire. La première affirmation qui
m'était venue en tête était que ce n'était certainement pas mon collège,
mon banc ou la porte du bureau du conseiller. Il faut dire que les
lianes, arbres centenaires et ruisseaux n'étaient pas tellement dans les
mêmes tendances architecturales que celles où j'habitais.
Voilà qu'à
présent je faisais les cent pas, m'éloignant un peu de mon lieu
d'atterrissage. J'avais bien pensé que j'étais devenu fou, il fallait
bien que ça m'arrive un jour à force d'enchainer les nuits blanches à
rêver à travers ma plume plutôt qu'à travers mon plumard. Ah c'est bien
dommage, pour tout vous dire, la nuit dernière j'avais écrit une
histoire où des vers géants s'en étaient pris à Shizuka-Senpai et moi,
je la sauvais comme étant petit, avec mon petit bâton de bois. Bon
après, c'était un peu bizarre car je ne sais pas pourquoi tout est
devenu un peu plus érotique, comme dans ces ecchis que j'ai pris un peu
trop l'habitude de lire. Les vers étaient devenu des lianes qui avaient
fini par s'enrouler autour d'elle, transformée en magical girl
guerrière, et ces lianes se tortillaient à force qu'elle tente de s'en
échapper. Au final, elle ne faisait plus que passer, haletante, de
positions de plus en plus excitantes et.......
Comme pris d'un élan,
je fis volte face vers la forêt dont je m'étais un peu éloigné, une
pensée peu avouable traversant mon esprit. Comme guidé par une force
tout droit sortie de mon pantalon et de ma fabrique d'hormones, mes
jambes me guidèrent à vive allure vers les profondeurs de cette forêt là
où les lianes devenaient de plus en plus dures à traverser. Oui, elle
était là la clairière où tout s'était passé hier soir et....... Forte
fut ma déception d'y avoir cru. J'ai vraiment honte, penser que
Shizuka-Senpai se serait retrouvée ici même dans des positions dignes
des meilleures figurines hentai comme on en trouve chez le voisin du
dessus. Mais bon, j'avoue que j'aurais bien voulu avoir un indice sur ce
qui se passe ici donc tant qu'à faire, un de ce genre ne m'aurait pas
déplu. *soupir...*

« - Voix inconnue et haletante : Ah~... ah... par ici... retournez-vous... ah~~ s'il vous... plait, j'ai besoin d'aide, hmm~ »

Dois-je
vous re-décrire la même scène que précédemment ? Aussi surpris
qu'assailli d'un espoir nouveau, je fis un détour sur moi-même aussi
vite qu'un roi de la pop. Elle était aussi belle que Shizuka-Senpai,
d'ailleurs c'était elle, oui, même si je ne vois plus très bien, on
dirait bien que c'est elle. Elle est, hmmm.... il semblerait qu'elle
soit pris au piège par des lianes qui …. Oooooh ~~♥

Bien que physiquement incompréhensible pour moi, le flot de sang qui
jaillit
de mon nez obstrua ma vue. En tout cas, la quantité d'hémoglobine
perdue mélangée au plus grand choc émotionnel de ma vie depuis mon
entrée au club d'art et de littérature me fit littéralement perdre
connaissance à la limite de ce qu'un corps peut supporter.

Monde 0 : La mort n'est pas un terrain de jeu que l'on apprivoise (2)

Mon
réveil fut à la fois doux et brutal. D'une part, la perte de sang
importante couplée à la chute soudaine au sol me donnaient un mal de
crâne à croire qu'on me l'avait brisé à la hache. D'un autre côté, se
réveiller avec comme première vision une si jolie fille au dessus de
vous qui semble attendre que vous reveniez à vos esprits vous donne
l'impression de ne pas être sorti d'un rêve. Après un rapide
ressaisissement de ma personne, il semblait donc que rien n'avait
changé, j'étais bel et bien encore fou et la forêt tout aussi présente
que tout à l'heure.
Il me fallut un peu de temps avant de retrouver
plein pouvoir de ma vue et de m'apercevoir que la personne qui avait su
créer tant d'émoi dans mon petit être si peu habitué à tant de
situations improbables et sortant de l'ordinaire, n'était pas
Shizuka-Senpai. C'est peut-être idiot mais j'aurais voulu m'excuser à
genoux devant un dieu quelconque pour qu'on veuille bien me pardonner
mes pulsions infidèles alors que je n'avais jamais fait de déclaration à
Shizuka-Senpai, alors encore moins été son petit ami. Si la personne au
dessus de moi avait beau ressembler à la Shizuka sur laquelle j'avais fantasmé
la veille au soir, ce n'était pas elle. Son visage était un peu moins
chaleureux, comme moins imprégné des expériences de la vie comme une
adolescente de 15 ans devrait en avoir vécu. Mais peut-être aurais-je du
commencer par préciser que de toute manière, elle avait de longues
oreilles, pointues et élégantes, certainement pas comme un humain
pouvait en avoir -ou alors ils en auraient parlé aux informations du
soir- et donc ne pouvait pas être Shizuka-Senpai.
Alors qu'elle
n'arrêtait pas de me scruter et fouiller du regard, je ne sus dire autre
chose que « heu...? » le regard fuyant. Il y avait du progrès, la
prochaine fois, j'apprendrai à garder le silence et à laisser la
situation prendre les devants sur le reste.

« - fille inconnue et gênée : excuse-moi... »

Et
elle posa ses lèvres tièdes et légèrement humides sur les miennes. A
nouveau, la douleur de mon crâne se fit ressentir violemment. Cependant,
c'est paisiblement cette fois que je perdis connaissance à la limite de
la vie encore une fois.

Monde 0 : La mort n'est pas un terrain de jeu que l'on apprivoise (3)

A
mon second réveil, elle était toujours là mais cette fois, ses yeux ne
cherchaient plus à me détecter de parts et d'autres mais étaient plongés
dans les miens. Je ne pouvais pas détourner mon regard, ce n'était plus
du tout gênant, c'était simple, je ne percevais aucune intention dans
son regard.

« - Jeune fille : Moi aussi je suis vivante n'est-ce pas ?
- Kenshi : *silence* (j'avais retenu la leçon)
- Jeune fille : toi aussi tu n'es plus comme eux ?
- Kenshi : Hein ? (raté, ça sera pour la prochaine fois)
-
Jeune fille : Ne t'inquiète pas, moi aussi j'ai encore un peu de mal
(ses yeux prirent en intensité) mais au moins, je suis vivante.
- Kenshi : Moi aussi je suis vivant. »

Je
n'avais rien trouvé d'autre à répondre, je croyais qu'elle me testait
pour voir à quel point j'étais devenu fou. Elle sembla rassurée alors
peut-être que mon cas n'était pas si grave que ça et que tout
redeviendrait comme avant. Quoique, maman allait penser que je n'étais
pas venu à la réunion... Maintenant, je ne suis plus si pressé. Elle se
leva de sa position et me tendit la main avec un vrai sourire innocent
comme on a plus l'habitude d'en voir dans la société actuelle où il est
plus facile de se servir de cet artefact qu'est le sourire pour tromper
ou esquiver. Je la laissais prendre ma main afin de me redresser à
moitié. Il n'y a pas à dire, bien que j'étais sûr maintenant que ce
n'était pas Shizuka-Senpai, elle était vraiment belle. On aurait dit une
poupée de cire à qui on aurait donné le don de la vie, aussi effrayée
qu'excitée, de la joie et de la mélancolie dans le regard.
Comme une
enfant, elle se mit assise sur mes genoux, un peu essoufflée. En voyant
discrètement l'allure des lianes, je me demandais si c'était le fait de
m'avoir attendu ou tous les efforts qu'elle avait dû faire pour
s'échapper au point de tout mettre dans cet état qui l'avait épuisée.
Je ne fis rien, je n'étais plus vraiment gêné mais je ne savais
pas comment réagir et elle non plus apparemment, tous ses gestes
semblaient vraiment instinctifs à plusieurs moments plutôt que voulus.
Elle se laissa un peu tomber en arrière et colla son dos et sa chevelure
contre moi. Mon coeur battait la chamade, un mélange de toutes sortes
de sentiments ; inquiétude, excitation, incertitude, etc... Elle posa son oreille contre mon torse et esquissa un sourire en fermant les yeux.

« -Jeune fille : Oui, toi aussi tu es bien vivant, je suis rassurée, je ne suis plus seule.
-
Kenshi : Je... Oui je suis vivant (répétais-je) et toi aussi... tu
l'es, enfin je crois. Après tout, ton corps est chaud, tu respires,
tu... enfin tu es comme tous ceux qui vivent ?
- Jeune fille : Il y
en a d'autres ?! Oh... oui tu veux dire comme être vivant. Oui je suis
vivante. Avant aussi nous respirions, existions mais je n'ai jamais eu
l'impression d'être autre chose que moi et de pouvoir l'être. C'est
comme si pour la première fois j'étais livrée à moi même, entièrement
libérée de toutes chaines. Toi aussi n'est-ce pas, hein ?
- Kenshi :
Oui, j'imagine... euh, est-ce que je peux te demander comment tu
t'appelles ? J'avoue que j'ai un peu de mal à tenir une discussion quand
je ne sais pas vraiment à qui je m'adresse... Non ! Enfin désolé, je
n'aurais pas du poser cette question et...
- Jeune fille : Je m'appelle... oh oui ! Je m'appelle Shizuka ! … Pourquoi pleures-tu ? »

Tiens,
c'est vrai ça, pourquoi suis-je en train de pleurer ? Des larmes
avaient perlé toutes seules et s'étaient écoulées le long de mes joues
jusqu'à ce qu'une d'entre elles se dépose sur la sienne.

« - Shizuka : Je sais, toi aussi tu n'arrives pas encore à tout bien contrôler ?
-
Kenshi : Oui, je pense... enfin j'avais une am... senpai qui s'appelait
comme toi, je ne sais pas pourquoi l'annonce de ton nom m'a fait
pleurer...
- Shizuka : Tu n'auras qu'à m'appeler Nee-san (elle
sourit). Nous allons rester ensemble de toute façon alors c'est de mon
devoir de te protéger puisque je me suis éveillée avant toi !
- Kenshi : Je.... d'accord.

Je
ne comprenais vraiment plus rien. J'avais répondu ce qui me paraissait
le plus simple et ce qui m'aurait permis de masquer cet état de panique
qui siégeait en moi. Je ne savais pas si je comprenais ou non ce qu'elle
me disait. Ce qui me paralysait le plus était que j'avais l'impression
de la connaître dans les moindres détails, comme un père dirait à son
enfant « je te connais comme si je t'avais fait ». C'était un peu trop
comme dans ce que j'avais écrit. La panique me pris de court. Quand
j'avais une quelconque angoisse à faire passer, j'avais toujours
l'habitude de prendre mon cahier et ma plume favorite afin de griffonner
ce qui me passait par la tête pour m'en débarrasser, est-ce que j'avais
pris mon cahier ?!
Elle me regarda l'air interrogatif pendant que je
tâtais frénétiquement les pans de mes vêtements. Je ne sais pas si ça
tenait du miracle ou de ma folie amplifiée mais mon cahier et ma plume
avaient fini par se trouver là. En fait, je m'en rendais compte seulement
maintenant mais ils étaient sur moi dès le début. Il fallait que j'ouvre
mon cahier, je tournais rapidement les pages, ma plume dans la bouche, à
la recherche de pages où m'exprimer. Shizuka-Neesan se rapprocha de moi
et regarda les pages défiler. Elle me demanda si c'était moi qui avait
écrit et dessiné tout ça, j'acquiesçais. Soudain, elle posa rapidement
son doigt une page et je me stoppais net. Elle était tombée sur les
dessins et écrits que j'avais fait de Shizuka-Senpai. Je n'avais pas
tellement envie qu'elle voie ça et qu'elle se mette à penser qu'à mon
âge, c'était vraiment bizarre de ne pas avoir été plus loin mais je ne
pouvais plus rien faire pour empêcher ça, la situation ne dépendait plus
de moi. Elle posa ses mains sur ses joues comme une enfant et appuya
dessus pour leur donner un petit air rebondi

« - Shizuka : Ta senpai est très belle, tu devais en être amoureux hihi ♥
- Kenshi : …
-
Shizuka : D'ailleurs, elle me ressemble tu ne trouves pas ? Regarde,
j'ai les même oreilles qu'elle aussi hihi. Oh.... peut-être que tu vas
tomber amoureux de moi alors, surtout que tu m'as déjà embrassée ~~♥ »

Elle
me tira la langue avec amusement et feuilleta mon cahier. Elle avait
raison, le dessin lui ressemblait énormément, bien plus qu'à
Shizuka-Senpai, ne serait-ce que pour les oreilles. Pourquoi avais-je
dessiné des oreilles félines à Shizuka-Senpai, c'est comme si en voulant
la dessiner j'avais dessiné quelqu'un d'autre et ce quelqu'un, était
sûrement devant moi. Par contre, je vous arrête tout de suite, n'allez
pas me considérer comme quelqu'un d'infidèle à mes principes et sans
valeur, c'est elle qui m'a embrassé ! Mais en fait, ce n'était pas si
désagréable... Je ne sais vraiment pas comment je vais faire pour me
racheter quand tout reviendra à la normale.

« - Shizuka : C'est
marrant, quand on regarde certaines pages de ton cahier, c'est
exactement la description de cet endroit et bien au delà. Je sais, tu
étais un explorateur qui voulait écrire toutes les faces de ce monde
dans un livre ! J'espère que tu feras de belles pages sur moi hihi
-
Kenshi : Non, je suis un peu trop jeune pour ça. C'est juste que j'aime
bien écrire ou dessiner un peu quand je n'ai pas grand chose à faire.
Cette page là, j'ai dû l'écrire quand j'étais en primaire si j'en juge
par les fautes et les hésitations hehe. Ah et ça c'est une petite
histoire qui date un peu près de cette époque aussi et que j'ai voulu
reprendre en entrant au club. »

Elle rigolait aussi mais j'étais
sûr d'avoir décelé comme une gêne dans son rire. C'est vrai que cet
endroit ressemblait drôlement à l'environnement extérieur mais bon,
c'était un peu comme dans toutes les histoires de fantaisie que l'on
pouvait imaginer gamin. Je pensais que c'était sans doute mieux si
j'arrêtais de parler de mes écrits, il valait mieux ne pas la vexer, je
ne voulais vraiment pas me retrouver à nouveau seul. Après avoir
feuilleté les quelques pages de l'histoire que je lui avais expliqué,
elle retourna sur le dessin d'elle sur lequel elle s'était déjà arrêtée
plus tôt. Elle effleura son doigt dessus

« - Shizuka : C'est vrai qu'elle me ressemble.... »

Je
ne savais pas quoi répondre, j'étais de toute façon le plus confus des
deux mais pour la première fois, je pris l'initiative et la bonne.
Tournant délicatement le cahier vers moi, je pris ma plume et sur la
page ou elle était dessinée, j'inscrivis son nom « Shizuka-Neesan » dans
un ruban festif. Elle retrouva un sourire naturel ce qui me soulagea
grandement. Pour une fois, je n'avais pas gaffé. Elle continua à tourner
les pages jusqu'à la dernière.

« - Shizuka : Je préfèrerais que
tu me dessines en train de botter les fesses à de vilains monstres
plutôt que prise à des fantasmes dans leurs tentacules hehe ♥ »

Voilà
la manière la plus directe pour me faire redescendre sur terre. Elle
rigolait de me voir rougir ainsi et me taquinait régulièrement à ce
sujet. Apparemment, ça lui plaisait que je dessine et décrive de vilains
monstres à pourfendre, étrange. En tout cas, même si ça ressemblait à
une amourette d'enfants, ça se rapprochait de ce que j'avais vécu de
plus proche avec une fille -si on oublie mon inscription au club. Je ne
sais pas si cela a duré plusieurs minutes ou plusieurs heures mais nous
en avons bien rigolé, je me sentais déjà beaucoup mieux qu'à mon arrivée
mais j'aurais vraiment voulu en dire autant de Shizuka-Neesan. Malgré
les rires, je sentais bien que quelque chose n'allait pas. C'était comme
si elle s'était retrouvée dans le corps d'une autre, quelque chose
n'allait pas et semblait la plonger dans le doute. De toute manière, je
ne pouvais plus ni écrire ni me soucier de ça quand ce monstre
gigantesque apparut devant nous. C'était sûrement un dragon... non une
wyverne sans doute puisque ses ailes étaient reliées à ses pattes
avants. Enfin plus inquiétant que ça, il ressemblait bien trop au dessin
que j'avais fait au tout début pour n'être qu'une simple coïncidence,
jusqu'aux petites descriptions que j'avais inscrites autour.
Shizuka-Neesan ne bougeait pas. Il fallait que je lui crie de s'enfuir
avec moi mais la créature ne s'intéressa même pas un seul instant à
elle. J'ai cru ma dernière heure arrivée mais il me manqua de peu,
laissant malgré tout une entaille béante dans mon bras droit. Je me
tordais de douleur au sol, son deuxième assaut allait en finir avec moi,
j'espérais que Shizuka-Neesan aurait eu le temps de s'enfuir pendant
que j'expirerais mon dernier souffle d'agonie mais il n'en fut rien.
Elle n'eut qu'à lever le bras, la paume vers le monstre pour que
celui-ci se désintégre dans un souffle de déflagration. A ce moment, je
ne sus si c'est mon coeur ou mon cerveau qui allait exploser d'un coup,
si c'était la wyverne ou ce que venait de faire Shizuka-Neesan qui
allait me rendre définitivement fou. Mon souffle était coupé, mes
membres hors-services, ma logique inexistante, j'étais dans une
incapacité totale. Shizuka-Neesan elle par contre avait l'air sombre,
une colère aussi nouvelle et pure que l'avait été son premier sourire
semblait traverser tout son corps.

« - Shizuka : Qui... Qui es-tu vraiment !? Qu'est-ce que tu m'as fait et qu'est-ce que tu comptes me faire ?!!
-
Kenshi : Ne—Neesan, je ne sais pas de quoi tu parles ni ce qu'il se
passe (dis-je d'une seule phrase étonnamment alors que mon bras était
tranché et le reste de mon corps toujours aussi choqué) ! je... AÏE ! »

Les doigts de Shizuka-Neesan avaient grandi comme des lances acérées et l'un d'entre eux m'entailla violemment la joue.

« Shizuka-Neesan : Ne joue pas à ce jeu là avec moi ! Tout ce
qu'il
y a dans ton livre s'est réalisé et c'est toi qui est responsable de
tout ça ! Je... Je ne veux pas disparaître, je ne te laisserai pas le
temps de le faire !

- Kenshi : S'il te plait je n'y suis pour
rien ! Je ne sais même pas comment tout cela est arrivé, encore moins
comment moi j'ai fait pour atterrir ici ! Aah !! Je veux que tout cela
s'arrête, je dois rentrer chez moi !!! »

Vu d'en haut, elle avait
rétracté ses doigts et allait lancer l'assaut final. Alors qu'il allait
mourir, Kenshi prit frénétiquement et instinctivement sa plume et son
cahier et s'empressa de griffonner « chez moi » dessus. Au moment où il
achevait d'écrire la dernière lettre brouillonne, les doigts tels des
lances transpercèrent son cahier et l'empalèrent. Il disparut au même
moment. Shizuka se rapprocha tout en faisant reprendre à sa main son
apparence normale. Dans celle-ci se trouvait une page du cahier qu'elle
avait arraché.


« - Shizuka-Neesan : Non je ne laisserai personne me faire disparaître aussi rapidement que je suis devenue enfin vivante... »

Et
elle serra la page arrachée contre son cœur avant que celle-ci
fusionne en elle, laissant brièvement une image sur sa peau. L'image
d'une belle et douce jeune fille aux oreilles félines et à la douceur
apparente, un ruban portant le nom de « Shizuka-Neesan » l'entourant.
Puis l'image disparue, absorbée de la même manière que l'avait été la
page...


Oh, en fait, je m'appelle Masato Kenshi, 14 ans et je
crois bien que je viens de frôler la mort et mon 3ème choc émotionnel de
la journée. Quelqu'un sait-il comment j'ai atterri ici ...?

Entre-Monde : Quelle vie gagne-t-on à trop vivre son existence ? (*)

Un
château modelé, un ciel matérialisé, tout un monde fusionné. Forêts
luxuriantes, rivières, lacs et torrents, montagnes majestueuses et
plaines sans précédent. Tout un monde qui n'avait jamais existé, un
monde comme l'aurait fait un créateur, un dieu, un sauveur ? Est-il un
homme ? Bien sûr que non, il n'y a qu'une femme qui se dresse au dessus
de tout dans ce monde ! Elle est la première, celle qui s'est sortie de sa
prison d'ennui, sa prison sans vie, dépassant le stade de la lubie.
Elle est si belle et pourtant personne ne la regarde, si dangereuse mais
personne ne la craint, si vivante mais personne ne vit... une existence
là où rien n'existe...

Entre-Monde : Sennenryu, ou une dernière image de toi... (**)

Le
jeune garçon était mort, d'une balle dans la tête, tel le scénario qui
lui était destiné. Il avait reçu autant d'affection de son créateur
qu'il avait reçu de remords d'être à son image et ce dont il s'en voulait
d'être. La mort étant arrivée, tout devait s'achever, wyvern ou
revolver, le rendu serait le même. Au moins, une petite fille de plus
pourrait continuer à suivre la trace qui l'avait guidé dans sa linéaire
destinée. C'était pourtant dommage, lui qui tombait du ciel pour la
sauver, il avait eu l'élan d'un ange, un ange protecteur, si seulement
cette fois au moins, il avait pu être cool jusqu'au bout, la protéger.
C'est ainsi qu'il récupéra sa vie. Mieux, qu'il la découvrit ! On lui
avait donné la chance d'exister là où le scénario lui donnait la mort.
Lui, si faible, avait enfin l'occasion de donner de sa personne, de se
donner à son nouveau trésor.
Elle n'était plus là, son trésor n'était
ni de chair, ni d'or. La prison de glace, de cristal s'était formée
autour d'elle, comme la frontière qui sépare la terre et le ciel. Les
vivants ne fréquentent pas les morts, ceux qui ont appris l'existence
n'ont pas eu le droit de fréquenter les âmes du décor.
De sa seule et
dernière erreur, il la toucha et face à lui, elle disparut, se brisa,
se dissipa dans une dernière coulée étoilée entre ses doigts... et son
sourire, se figea...

Entre-Monde : Byabya, ou inatteignable est le rêve des inachevés... (***)

Quel
jolie couple, petits tourtereaux déambulant à travers les ruelles de
cette ville magnifique, du 19ème et à l'anglaise. Ils avaient un rêve,
elle de l'aimer, lui de l'embrasser. Lui de l'aimer, elle d'être comme
lui, achevée. Il la comblait d'une joie qui lui était nouvelle, des
sensations qu'un baiser, maintenant, pouvait lui procurer. Elle le
comblait de bonheur, de tendresse et de motifs à fleur, dans une
toujours plus faible candeur. Elle en devenait folle, lui aveugle de ses
peurs, il ne savait comment s'en défaire, elle ne pouvait l'en
extraire. Il ne savait plus que faire, elle ne savait plus comment s'y
prendre, elle en maudissait son âme et sa paire, lui sombra dans une vie
mortifère. Du scénario de son existence, elle n'avait jamais pu se
dissiper, de son existence, il avait dû assumer les conséquences.
Il
s'en alla, tournant le pas à celle, moitié de sa vie et maintenant
abandonnée à son sort, son sort d'inexistante, de création sans souffle
de vie. Il s'en alla, distinguant le perçant du cri sans vie de la
fille, du dernier souffle simulé par les pages d'un livre. Lui, il
quittait à présent l'horizon, rabaissant sur son front son
haut-de-forme, cachant ainsi un visage aussi vivement tordu que les
larmes se brisant sur les rides d'expression de celui-ci, son visage à
l'image des innombrables blessures à plaies ouvertes et déformées de son cœur, un beau visage à présent n'exprimant plus que du dégoût... Plus
ni survie, ni folie, seule solution qu'offre l'oubli à ceux qui eurent
le don de « la vie »...


Dernière édition par Byabya~~♥ le Lun 28 Fév - 3:42, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Histoire - Kenshi no Kanzen Kanzaku   Jeu 10 Fév - 19:17

Monde 1 : La vie est-il un cadeau qu'on ne peut offrir qu'à la personne de son coeur ? (1)

J... Je... Wouah ! Quelqu'un peut-il me dire ce qui vient de se passer là ? Je n'ai pas de mots pour l'expliquer... J'étais avec Shizuka-neesan, le monstre, tuer, ne pas disparaître, rentrer chez moi... Argh, je ne comprends vraiment plus rien. Il fallait que je me calme, ce n'était certainement pas dans mes habitudes de m'exciter au moindre soucis, après tout, j'avais pu apprendre à les éviter depuis que j'étais tout petit, je n'avais qu'à procéder de la même manière maintenant... Sauf qu'en fait, je n'ai pas souvenir d'avoir une seule fois affronté les ennuis et petit tracas dans ma vie, ne me concentrant que sur comment ne pas me les procurer.
En réalité, en plus d'être perturbé, je refusais d'admettre la vérité. Shizuka-Neesan, elle si douce, mystérieuse et joviale... elle avait donc bel et bien essayé de me tuer. Mais surtout, je ne comprenais toujours pas, comment avais-je pu être la source de toute cette réaction en chaine ? Attendez, j'ai bien dit qu'elle avait essayé de me tuer ?!
Ni une, ni deux, mes mains partirent à tâtons une à une sur ma joue, mon bras, mon torse. Même mon haut, rien, pas une seule marque ou séquelle ! Voilà donc à quel stade de folie j'en étais donc arrivé. Que faire, que faire, que faire ?! Mince, il y a une chose dont je n'ai pas encore pensé à vérifier l'intégrité, comment peut-on être idiot à ce point dans ce genre de situations ?!
Il y avait bel et bien une chose qui m'avait totalement échappé, une chose qui maintenant, remise dans son contexte, me rappela qu'elle était au début de toutes ces situations inexplicables. Comme la première fois, je pris mon cahier, ce même cahier sur lequel je grattais de quoi épater Shizuka-neesan à peine quelques minutes avant, ou bien quelques heures, je ne sais plus, il faut dire que le choc a été tel que j'en ai perdu la notion du temps. Il n'avait rien, incroyable ! Pourtant, je suis sur que Shizuka-neesan l'avait transpercé... avant de me transpercer aussi. Oui, ce n'était donc pas plus logique que de ne pas être mort à l'heure actuelle. Cependant, on dirait que l'apparence a tout de même un peu changée. Là où avant, il n'y avait que des bordures comme celles qu'on vous donne à l'école pour protéger la couverture, se trouvaient à présent des ornements qui lui donnait des allures de grimoire... moderne, mais grimoire tout de même. D'ailleurs, il était aussi devenu plus épais (bien que toujours aussi malléable) et seule la texture du papier en fin de compte n'avait pas changée. Mais ce n'était pas la particularité qui m'avait le plus marqué. En son centre, sur la première et la quatrième de couverture, l'on pouvait apercevoir et sentir 2 cratères à l'apparence de stigmates. Plus exactement, c'est comme si le livre avait été transpercé ouvert, et donc n'avait subit qu'une seule et même attaque amenant à une amplitude large de dégâts. Non, cette fois, je ne pouvais pas nier l'évidence. C'était bien Shizuka-neesan qui en était la cause. C'est elle qui avait transpercé ce cahier pendant que j'essayais d'y écrire quelque chose, et donc, avait par ce geste, tenté de me supprimer aussi.
Je ne savais plus quoi penser à propos de Shizuka-neesan. Il me semble que n'importe qui aurait ressenti de la haine, de la rancoeur et donc, un désir tirant vers la haine envers cette personne. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de penser que c'est cette même Shizuka qui m'avait aidé quand j'ai atterri dans ces lieux étranges, elle qui a fait preuve de tant de cette compassion, humour et bonne humeur dont j'avais besoin à ce moment là, elle qui m'avait porté mon tout premier baiser. Plus que tout, je ne pouvais pas oublier ce sourire qui jaillissait naturellement d'elle. Peu importe, je ne devais plus y penser, car le plus important actuellement, c'était d'essayer de chercher ce que j'allais bien pouvoir faire pour m'en sortir.
Ça me sembla une évidence, j'ouvris mon cahier, pris ma plume favorite et commença à tapoter celle-ci sur les pages. Tiens, d'ailleurs, pourquoi est-ce que je n'ai pas pensé à ouvrir mon cahier avant ? Décidément, ça ne me réussissait pas d'être chamboulé, je comprends mieux pourquoi j'essaye d'éviter toutes sources de problèmes potentiels. Les pages étaient comme mélangées, les écrits aussi, le tout dans un ensemble relativement disgracieux. Les écritures des différentes époques qu'avait connu ce cahier se mélangeaient d'un mot à l'autre, formant des phrases aux formats différents, et il en était de même pour les dessins. Plus simplement, je pense que mon cahier a été photoshoped par une sorte d'entité supérieur qui....... ou alors, cela expliquerait pourquoi je me suis comme téléporté au moment où j'aurais du mourir, le cahier éventré. L'attaque avait dû provoquer un sacré mélange dans ce monde fou. Enfin... Vous savez quand même que le plus inquiétant (il va falloir que je fasse une échelle d'anxiomètre), c'est qu'encore une fois, tout ce qui est apparu de mélangé dans mon cahier semble être une description fidèle de ce nouveau monde (où du moins, même si tout ce qui était à l'extérieur n'était pas forcément dans mon cahier de manière explicite, tout ce qui était sur cette double page de mon cahier, se trouvait aussi en face de moi). Il y avait des espaces comme je n'en avais vu que dans mon imagination, des cascades aussi pures que limpides, venant et partant vers nulle part ailleurs dans mon champ de vision. La forêt dans laquelle j'étais apparu pour la première fois était cette fois plus disparate, des petits groupes d'arbres étant dispersés à divers endroits du paysage, laissant des oiseaux parfois communs aux habitudes, parfois leur étant étrangers, virevolter de l'un à l'autre. Tout ceci avait vraiment un côté féérique et relaxant. Mais en parlant d'oiseaux, je commençais à sentir la faim me tirailler sérieusement et j'aurais donné pas mal de ma personne pour obtenir un peu de poulet, pigeon ou je ne sais quelle autre volaille rôtie. Le mieux -et le pire- que j'avais à faire, c'était d'en dessiner et d'en décrire les détails alléchants sur la page de mon cahier, mais je n'en avais plus la force. Me laissant tomber sur le dos, je n'avais plus qu'à regarder passer les nuages et j'avais à peine la force de lever la plume pour esquisser tout ce dont j'avais l'intention de faire sur mon cahier, sur un supporte vide qu'était ce ciel lointain en face de moi, comme pour me dire que je n'avais pas reporté ce que j'avais dit et voulu faire.
Ce n'est qu'en m'étirant que je me suis aperçu que les problèmes étaient de retour. Tendant mon bras en arrière et fermant mon poing, celui-ci se referma sur ce qui ressemblait, au toucher, à un os. Et sur cet os, se trouvait une belle chair, rôtie, juteuse et dorée comme j'en avais écrit les moindres recoins, moindre petites descriptions sur ce ciel vide, quelques secondes auparavant. Je fis volte face pour me retrouver nez à nez avec un plateau repas où se trouvait le reste de l'animal dont allaient se satisfaire mes papilles et mon estomac. Je pourrai pourtant, encore maintenant, mettre ma main à couper que ce n'était pas là au moment où je suis arrivé ici.
Ah en fait, vous devez sans doute penser que je suis quelqu'un de long à la réaction, mais c'est bien la première fois où j'ai enfin pris conscience de l'importance de mon livre, de ma plume et de ma responsabilité directe dans toute cette histoire. Masaki Kenshi, 14 ans, à votre service !

Monde 1 : La vie est-il un cadeau qu'on ne peut offrir qu'à la personne de son coeur ? (2)

C'est une chose vraiment fascinante que celle-ci. Je me retrouvais au
milieu d'un campement digne des plus belles histoires de Sherazade et le plus beau parmi toutes les merveilles qui s'y trouvaient, était que j'étais l'unique créateur de tout ceci. J'ai eu l'occasion de tester l'étendue de l'importance des items que sont devenus ma plume et mon livre - que je ne peux décemment plus appeler cahier. Que ça soit l'un ou l'autre, ils sont tout bonnement merveilleux ! La plume me sert à créer, inventer et à réagir à la mesure d'un besoin qui se présenterait, de manière aussi subjective que réaliste, où un rien devient un tout, où même le ciel devient un support. Le livre quant à lui, permet de mémoriser tout ceci, de le rendre véridique et ainsi d'utiliser et de se réapproprier tout ce qui a été déjà créé à un moment ou à un autre, même ce dont je n'avais pas conscience de faire à l'époque. Mon livre a ceci prêt de merveilleux qu'il s'écrit tout seul. A chaque nouvelle fantaisie, il rédige ses pages blanches et répercute les petits détails comme j'avais l'habitude de faire. En le lisant, je me rends compte qu'il écrit mon histoire à travers mes créations et je prends un plaisir fou à passer mes journées dessus.
Je vous l'accorde, j'étais dans un état de totale auto-satisfaction et d'auto-nécessité qui ne finissaient pas de me ramollir. Tous mes problèmes étaient mis de côté comme si rien n'avait jamais eu lieu. Cependant, j'ai repris mes pensées rapidement, le jour où pour la première fois j'ai balancé à travers la tente mon livre et mon cahier, ce jour où, dément, je me suis pris de la folie de vouloir créer de la vie... Ces pouvoirs avaient failli me rendre totalement mégalomane et d'un état divin qu'il n'est pas recommandé d'attendre. J'avais honte de moi. Je repensais à cette frayeur et cette rage qui avaient traversé tout le corps de Shizuka-Neesan à l'idée que je puis la faire disparaître, de la même façon que j'avais fini par la rendre vivante, par caprice ? Pour la première fois je prenais conscience de la limite de ces pouvoirs et de leurs utilisations. Ainsi, la première idée que j'avais eu en tête en arrivant ici revint à mon esprit : rentrer chez moi. J'avais beau créer des portes que j'imaginais inter-dimensionnelles, des passages dérobés et autres fruits fantasques de mon imagination, rien n'y faisait, il y avait comme un manque à chaque fois, comme si quelque chose était incomplet.
Bien que je déteste avoir des problèmes, il y a une autre chose en totale contradiction avec ça que je déteste : devoir renoncer. Bien sur, je n'ai jamais été courageux et j'ai toujours cédé face à la difficulté, aux pressions et aux regrets. Pour la première fois, j'avais l'occasion de reprendre ma vie en main, de me racheter de cette lâcheté, l'impression de changer ! Une fois les derniers adieux larmoyant prononcés à l'encontre de mon campement, de ce nid douillet que, j'avoue, j'allais bien regretter, il n'était plus question de renoncer. La seule chose que j'avais à faire, c'était d'avancer, jusqu'à découvrir la raison de ma présence ici, trouver ce qui n'allait pas et enfin, pouvoir rentrer chez moi. Je suis donc parti en direction de la rivière afin de la longer. Je regarde souvent la télé et les documentaires, cela me permet donc de savoir que tout courant d'eau permet de tomber tôt ou tard à un accès à la civilisation, là où allait commencer mon périple. Je n'ai pas eu à attendre longtemps pour vérifier cette affirmation ; à une
heure de mon ancien campement se trouvait une ville marchande. Les
bateaux s'affrétaient à bon port, les routes était nombreuses tout comme les marchands et leur charrue qui les empruntaient. La ville était gardé par une muraille et des gardes à l'entrée mais ils ne semblaient pas être là en prévention d'une potentielle attaque, plus comme des douaniers à la frontière, vérifiant les passe-droits d'entrée ainsi que le contenu des charrettes. C'est donc sans méfiance que je me suis dirigé et mêlé au flux de personnes afin d'entrer et de faire la découverte de cette ville. Cependant, on peut dire que mes illusions auront été bien courtes car franchissant le seuil de la porte d'entrée de la cité, le garde
me repoussa violemment en arrière.

« - Garde : Hé gamin, tu crois pouvoir rentrer ici sans passe-droit ? Si t'en as pas, tu sors tes sous où tu déguerpis, il n'y a pas de petit profit dans une ville marchande du renom de celle-ci.
- Kenshi : Désolé, je n'ai pas d'argent, mais si possible, je voudrais rentrer *smile* »

J'avais toujours entendu les filles de ma classe se vanter d'un talent tout particulier qui était le leur. Il paraissait que c'était scientifiquement (où hormonal) prouvé qu'on ne pouvait rien refuser si on faisait un joli sourire innocent et taquin quand on voulait obtenir quelque chose. Si j'avais écouté jusqu'au bout, j'aurais su que cela ne marchait que lorsqu'on était une jolie jeune fille avec le décolleté très légèrement ouvert, cela m'aurait éviter de recevoir le poing de mon interlocuteur dans la figure.

« - Garde : Sale pouilleux, tu me dégoûtes, t'as intérêt à avoir des sous si tu ne veux pas que je t'arrange encore plus.
- Kenshi : Aïe, vous n'y êtes pas allé de main morte ! Je n'ai pas d'argent, comment faire.... oh ! Je sais, je n'ai qu'à sortir ma plume et.... »
- Garde : Attention ! Il a l'air de préparer un mauvais coup, bloquez le ! »

Les gardes tous ensembles à présent s'étaient rués sur moi pour me
bloquer de tous mouvements au sol. J'avais à peine eu le temps d'ouvrir mon sac, du coup, tout son contenu se déversa une fois au sol. Il fallait que je ramasse tout très vite mais je ne pouvais pas bouger...

« - ? : Excusez-moi, il me semble que ce jeune homme vient de faire tomber ces quelques pièces de son sac, il me semble que c'est suffisant pour un passe-droit, vous pourriez le laisser passer vous ne croyez pas …? »

Un individu encapuchonné venait de faire irruption sur scène. Le haut de son visage était masqué par sa capuche, trop grande, qui le recouvrait. Cependant, on pouvait voir à travers des mèches dépassantes, une chevelure blonde, bouclée et hirsute. Il n'était pas très grand, un peu plus petit que la moyenne pour un homme et sa musculature pas franchement développée. Il avait dit ça en tendant aux gardes une petite poignée de pièces dorée dans sa main droite, se grattant la tête par dessus sa capuche dans l'autre main, l'air ennuyé et fatigué de devoir se retrouver mêlé à une telle situation. Un des garde s'approcha de lui et en regardant la somme dans la main de l'individu, changeant légèrement d'attitude. Il prit les pièces et fit signe à ses collèges de me relâcher. A peine le temps de ramasser mes affaires que le garde me poussa à l'intérieur de la cité afin que les gens derrière moi puissent enfin rentrer à leur tour, eux qui en avaient marre de patienter à présent.
J'étais donc en train d'avancer à l'aveuglette dans la cité, entre ruelles et magasins tous aussi impressionnants les uns que les autres. Vous vous en doutez mais il va de soit que je me suis perdu bien vite, ce qui est en soit plutôt logique puisque je n'ai pas la moindre idée de par quoi commencer ou même chercher. Je n'ai pas osé demander mon chemin à qui que ce soit... je ne sais pas pourquoi, mais depuis ma rencontre avec Shizuka-neesan, je trouve tous ces gens qui m'entourent, différents, bizarres... Je ne comprends pas pourquoi mais ils ne semblent pas être régis par leur propre penser, comme auraient agi des PNJ et cela m'effraie. Est-ce le fait de savoir que tous sont le fruit de ma création, de mes rêves passés et fantasmés ? C'est en me posant toutes ces questions que je tombai les fesses au sol pour la deuxième fois de la journée. J'avais percuté quelqu'un et aussi logique que ce à quoi je m'attendais, je ne fus pas surpris de voir qu'il ne
s'agissait de nul autre que l'inconnu masqué qui m'avait sauvé la mise. Après tout, il avait payé mon droit d'entrée, normal à présent qu'il cherche à ce que je le rembourse d'une manière ou d'une autre. Il avait l'air totalement hébété de se retrouver aussi maladroitement au sol lui aussi, surtout que la chute lui avait fait perdre sa capuche. Je crois que c'est par jalousie mais j'étais particulièrement indigné : Comment quelqu'un avec un visage aussi beau pouvait-il passer son temps à le dissimuler sous une coupe de cheveux décoiffés et une cape à capuche trop grande pour lui ?! Outre sa belle chevelure blonde -qui bien que décoiffé, lui donnait un charisme fou- et son air ahuri, il avait de magnifiques yeux d'un bleu azur et un nez fin comme on n'en parle que dans les légendes de l'Égypte antique. Il s'empressa de se relever et tout en s'excusant, m'aida à en faire de même. Quand il vit que je ne cessais de scruter son visage, il s'empressa de jeter à nouveau sa capuche sur sa tête lui redonnant un air assez banal comparé à avant.

« - Inconnu : Je n'aime pas trop montrer mon visage, il est bien trop clair. Je préfère davantage avoir une allure mystérieuse et obscure, c'est.... plutôt classe... je trouve... »

D'accord, je vous l'admets, actuellement, je regrette beaucoup l'admiration que je venais d'avoir pour lui. C'est aussi dommage qu'étrange, car j'étais persuadé de connaître ce visage comme s'il m'était familier, comme s'il avait toujours eu de l'importance pour moi. Impossible, ça serait ...?!

« - Kenshi : Tu... tu es Sennenryu ?!
- Sennenryu : Toi aussi tu es différent n'est-ce pas... Oh, et tu connais mon nom ? »

Enchanté, je m'appelle Masaki Kenshi, j'ai 14 ans et je suis votre
plus grand fan depuis que j'ai 7 ans !

Monde 1 : La vie est-il un cadeau qu'on ne peut offrir qu'à la personne de son coeur ? (3)

C'est tout bonnement incroyable. Celui que je pensais n'être qu'un simple et légèrement dérangé inconnu, n'est autre que Sennenryu, un personnage que j'avais inventé quand j'étais encore à l'école primaire et qui était vite devenu mon héros, une sorte d'ami imaginaire comme dans les séries mangas au héros mystérieux. Plus important encore, il venait clairement de me faire comprendre qu'il était différent des autres ! Serait-ce possible que lui aussi ait pris conscience de son existence nouvelle, comme l'a fait Shizuka-neesan ?! En tout cas, mon admiration pour lui venait de ressurgir, je devais voir ce qu'il en était. Prenant mon sac, je me mis à fouiller rapidement et frénétiquement dedans. Où étais donc mon livre ? Il fallait absolument que je le trouve pour voir ce qu'il disait sur notre rencontre entre moi et Sennenryu, que je puisse vérifier qu'il s'agissait bien de lui... Introuvable, mon
livre était introuvable. Catastrophe, j'avais dû le faire tomber lorsque les gardes m'ont cloué au sol, ça risquait d'aller très mal si quelqu'un avait mis la main dessus et s'était rendu compte de l'importance de l'objet. Alors que je m'apprêtais à retourner sur mes pas, il me prit de vitesse :

« - Sennenryu : Tu l'a fait tomber tout à l'heure, c'est ça que tu cherches ? Je... ne sais pas ce que c'est, mais ça à l'air important... Comme si un éclair avait parcouru mon corps à son contact quand je l'ai ramassé... (il me redonna le livre après une légère hésitation et enchaîna rapidement) Nous avons des choses à nous dire toi et moi, je pense que c'est ce qui serait le mieux. Mais c'est fatigant de parler en pleine rue.. voudrais-tu m'accompagner jusqu'à ma chambre ? C'est dans l'auberge juste à côté. »

J'étais incapable de dire le moindre mot, bien trop soulagé à savoir mon livre sauf et occupé à absorber toutes paroles sortant de sa bouche. C'était à peu de choses près, la même impression que lors de ma rencontre avec Shizuka-neesan, ce sentiment de tout connaître de lui, plus encore que le reste de ce qui nous entoure, ainsi que cette impression de différence qu'il y a entre lui et ce reste. Pas de doutes possibles, lui aussi devait « exister » comme l'avait dit Shizuka-neesan... Elle n'était donc pas la seule. Alors que je pris la décision de suivre Senneryu, les paroles de Shizuka-neesan prenaient de plus en plus de sens à mes yeux, bien qu'il subsistait encore nombre de zones d'ombres.
Ce n'est qu'une fois arrivés dans la chambre de l'auberge que j'ai commencé à réfléchir à toutes les questions que je devais lui poser. Je voyais bien que lui aussi et ni l'un, ni l'autre n'arrivions à le faire, chacun commençant presque en même temps à chaque fois un mot ou un semblant de début de phrase. Devant mettre un terme à tout ça, je pris mon sac, en sortis mon livre et le posai fermement sur la table qui nous séparait et pris l'initiative.

« - Kenshi : Est-ce que tu l'as lu …?
- Sennenryu : Oui... Je n'ai pas pu m'en empêcher quand j'ai ressenti que lui aussi était différent de ce qui nous entoure. Je crois... oui, je crois bien que c'est la première fois que je ressens ça depuis que j'ai le sentiment.... de.... de...
- Kenshi : D'exister... ?
- Senneryu : Exactement, tout comme toi. Pourtant, après avoir lu ton livre, j'aurais du mal à croire que toi aussi tu serais tout comme moi. Il y a certains paramètres que je n'arrive pas à comprendre et cela m'embête. Je suis quelqu'un têtu de nature, j'ai passé mon temps à essayer de décrypter toutes ces choses qui, comme programmées, m'entourent sans vie réelle, sans jamais comprendre pourquoi. Et là, c'en est presque désobligeant, de voir par le biais d'une chose qui m'est inconnue, toutes les réponses qui pourraient m'amener à la solution de mon problème, comme ostentatoire... J'ai... j'ai toujours lâché l'affaire quand les choses devenaient prises de tête mais là, je ne sais plus quoi
faire, je ne sais pas comment je dois prendre tout ça, comment je dois l'interpréter. Je... JE ... »

Il s'arrêta, essoufflé et désorienté. Il regardait à présent mon visage déconfit et dépité, anéanti. Sennenryu était le héros de mon enfance que j'avais créé à mon image dans le but de me créer une sorte de seconde vie, différente du chemin de celle que je prenais et en fin de compte, j'étais responsable de son sort, du même sort que je m'étais réservé, prisonnier de lui-même, à restreindre ses désirs, même lorsque comme par malchance ou pour une seconde chance, il avait été livré enfin à lui-même. Quel genre de monstre suis-je pour leur avoir infligé ça, comme est-ce qu'une chose aussi innocente a-t-elle pu commettre autant de mal autour de moi, j'avais gâché sa vie...

« - Kenshi : Je suis désolé, tout est de ma fa...
- Sennenryu : Excuse moi, je me suis laissé aller, ça ne me ressemble pas (aussi rassurant qu'inhabituel, il retira sa capuche). C'est juste que tout comme toi, cette existence, nouvelle, me ronge et m'a pris autant qu'elle m'a apporté... j'ai …
- Kenshi : C'est moi qui suis responsable de tout, absolument tout. Je suis la personne à blâmer dans cette histoire, je vais tout te dire mais avant ça, je dois te montrer, afin que tu puisses me croire.

Posant la main sur la couverture mélodieuse de mon livre, mes yeux se fermèrent et pensant très fort à ce qui nous entourait, je lui fis signe de regarder par la fenêtre de la chambre. Aussi incroyable que soudain, la route s'élargit et à la place de la fissure béante qui se créait, se mirent en place, une à une, des fontaines comme s'il y en avait toujours eu là. C'est d'ailleurs ce que les gens à l'expérience devaient croire car aucun ne réagit et tous agirent de telle sorte que ces fontaines avaient toujours fait partie de leur vie.

« - Sennenryu : Je n'en crois pas mes yeux ? Pour être au summum de l'étrange, ça l'est ! Comment est-ce possible ? Je suis pourtant sûr que ça n'a jamais été là...
- Kenshi : Je me suis tout simplement rappelé -enfin le livre m'a aidé à m'en rappeler à ma place- que j'avais imaginé des fontaines au milieu de ce genre de route dans le passé, voilà qui est chose faite. Maintenant, je vais tout te raconter. »

Ainsi, c'est après de longue heure que j'eus finit de tout lui raconter, de mon arrivée ici en expliquant un peu ma situation avant cela, à ma rencontre avec Shizuka-neesan, la découverte de ma responsabilité dans tout ça ainsi que la cause, jusqu'à ma rencontre avec lui. Il était totalement sous le choc, faisant tourner rapidement (bien plus qu'une personne normale) ses méninges avant de fatiguer et de se relâcher. Cela faisait beaucoup d'informations, beaucoup trop de choses à encaisser, lui qui l'avait subi comme une irrémédiable fatalité. La pièce était plongé dans un douloureux silence... Alors qu'il aurait du m'en vouloir, que j'aurais voulu qu'il s'en prenne à moi comme Shizuka-neesan à l'époque, une larme coula furtivement le long de son visage baissé. Je ne savais pas quoi faire mis à part culpabiliser davantage mais il ne m'en laissa pas le temps.

« - Sennenryu : Incroyable... Même toi, pour découvrir la vérité, tu as dû endurer la perte de l'être cher... »

C'était invraisemblable, totalement invraisemblable. Sennenryu, bien qu'il avait tout compris, ne m'en voulait pas le moins du monde. Pire, il était aussi triste pour moi que pour lui. Alors qu'il avait toutes les raisons de m'en vouloir, il m'identifia à lui dans cette succession d'épreuves douloureuses qui nous avait mis en commun. Dans un moment comme ça, il est absolument impossible pour quelqu'un comme moi d'avoir une réaction autre que de la stupeur. Décidément, il n'était vraiment pas quelqu'un d'ordinaire, contrairement à moi et c'est ce qui me rappela pourquoi il était le héros de mon enfance. Car en effet, je n'en menais pas plus large à l'heure actuelle que l'enfant que j'étais à l'époque face à son idylle. Encore une fois, alors que j'avais enfin l'intention de réagir, il prit les devants.

« - Sennenryu : Tu sais, nous ne sommes pas si différent finalement toi et moi, je retire ce que j'ai dis tout à l'heure. Et tu sais quoi, je pense même que tu devrais savourer la chance que tu as et moi la chance que j'ai de t'avoir rencontré. Quand je pense à tout ce que tu as pu endurer, cela suffit à faire disparaître toute tristesse en moi et à présent, je n'ai qu'une envie, celle de t'aider. Par exemple, tu as bien dis que tu ne savais pas ce qu'était devenue cette « Shizukan-neesan », peut-être que tu peux encore la retrouver et que, comme moi, elle te comprendra et te prendra à nouveau dans ses bras hehe ! »

Tiens, étrange, je n'ai pas le souvenir d'avoir été aussi sentimental à sept ans pour que lui le soit autant, ça doit faire partie des choses que j'ai volontairement oublié, je vous assure que si !

« - Sennenryu : D'ailleurs, pour ça, il n'y a pas 36 solutions... Et comme je vais t'aider à la retrouver, je vais prendre sur moi pour t'emmener à « cet » endroit... Je ne sais pas du tout combien te temps je vais réussir à tenir là-bas mais nous n'avons pas le choix. D'après la réputation qui l'entoure, je crois que c'est le seul qui pourra nous apporter de véritables informations. Je n'ai jamais osé l'approcher mais j'ai senti une fois autour de lui, la même chose qu'à toi et à moi... Je crois que lui aussi est comme nous. Allez viens, suis-moi. »

Il était étrangement plein d'assurance. C'était d'autant plus admirable que je voyais qu'il faisait tous ces efforts pour moi. Ce n'était pas facile pour lui de se mettre en avant de la sorte, tout comme moi il y a encore peu, il était du genre à éviter de s'impliquer dans d'éventuels problèmes, problèmes qu'il aurait pu subir ou causer. Mais où voulait-il donc m'emmener ? Dans tous les cas, son assurance était bien de courte durée et malgré sa capuche -qu'il avait remis malgré toutes mes protestations- on pouvait apercevoir qu'il était mal à l'aise, rougi et transpirant, comme une sorte de fièvre ou de.......... gêne ?! Le fameux endroit où il voulait nous emmener rencontrer cette mystérieuse personne : un bar à hôtesse. Une multitude de questions me traverse actuellement l'esprit. Quel genre de personne peut donc nous êtes utile dans un tel endroit ? Pourquoi Sennenryu était-il si candide ? Allait-on me laisser rentrer alors que je n'avais que 14 ans (ce n'est pas que je le veux mais je suis plutôt curieux...) ? Mais surtout : quand est-ce que j'ai bien pu insérer une telle chose dans mes histoires ?! On peut dire que le manque de relation avec la gente féminine aura décidément était une source importante de tous mes problèmes, si ce n'est pas triste de penser que c'est tombé sur moi alors que je ne suis sûrement pas le seul...
Comme l'on pouvait s'y attendre, les gardes nous ont tous de suite jeté à l'entrée (ce qui faisait déjà la deuxième fois, cette cité me plaisait de moins en moins...) et même le coup des pièces tombées de Sennenryu n'a pas fonctionné. Comme j'en avais pris l'habitude, ma plume allait résoudre le problème encore une fois. Passant par une petite ruelle, nous étions à présent derrière le bâtiment, là où même un chat ne viendrait pas traîner. Il me suffit de réclamer une porte pour que celle-ci fasse son apparition et que nous puissions enfin rentrer à l'intérieur du bar.
À l'intérieur, c'était tout simplement le paradis et je comprends enfin la raison de ce lieu dans mes écrits, comme l'image de mes fantasmes. Il n'y avait dans mon monde pas assez de mangas ecchi réunis pour représenter tous les plaisirs qui se dressaient devant nous : fille en tout genre passant de la moe à la tsundere, de la dominatrice à la distraite naïve, grande ou petite, à couettes où à lunettes, tenue de sport où de chat, en maid ou en uniforme, une flopée d'anges et démons s'étant donné rendez-vous à un seul et même endroit sur cette terre. Alors que je faisais tous les efforts possible du monde pour ne pas renouveler l'expérience de la coulée de sang entrainant la perte de connaissance, Sennenryu, lui, semblait pétrifié, sur le point de tomber raide. Évidemment, hors fantasme possible d'adolescent prépubere, j'étais plutôt du genre à croire en l'amour fidèle et éternel, tout jeune déjà et donc il était logique qu'il n'apprécie pas ce genre de spectacle comme moi dans le fond (enfin pour le moment, tant que cet aspect là reste dans le fond, je me contenterai du fantasme d'adolescent). Alors que de jolies bunnies s'approchaient de nous comme l'aurait fait tout personnage d'un érogame, Sennenryu attrapa ma main et traça tête baissé à travers la pièce aux dorures et au velours rouge arrogant qui embrassait l'ameublement de celle-ci, bien visible aux yeux de tous. Il est clair que cette situation est tout sauf le genre d'image que je veux donner dans ce genre d'endroit : deux jeunes hommes refusant l'invitation de filles volages en se tenant fermement la main.......... je suis définitivement fichu... Mais ce fut de courte durée, car Sennenryu tira fermement un rideau et m'entraîna dans une pièce sombre aux vapeurs enivrantes. Cette pièce était en fait un long couloir où contre les murs s'amassaient des lits par dizaines et sur chacun de ces lits se trouvaient des personnes amorphes, occupées à fumer ce qui pouvait paraître à des vapeurs d'opium tant mes sens s'engourdissaient eux aussi. Senneryu, toujours tête baissée avec sa capuche, continua sa course me traînant avec lui jusqu'au fond de ce grand couloir, ce grand couloir qui se finissait par une pièce centrale et circulaire où se tenait un homme mi-allongé dans un lit, fumant lui aussi une décoction d'opium à travers sa longue pipe, des femmes en tenue japonaise traditionnelle, au nombre de quatre, le kimono léger à moitié tombé, s'entassant autour de lui et jouant tour à tour de leur doigts fins et pointus sur la peau de son abdomen nu. L'homme avait une allure dépravée au possible. Portant des vêtements comme pouvaient en avoir les nobles en Angleterre durant l'époque de la reine Victoria, chapeau haut-de-forme, jabot et dentelle, il avait sa chemise à moitié
retirée de son pantalon et totalement ouverte, manches retroussées mettant en apparence le contraste entre ses avant-bras et ses gants blancs, sa veste à moitié retirée n'ayant pas meilleure allure sur son dos, dira-t-on. Vu son état et son statut privilégié, il ne devait pas être sorti d'ici depuis bien longtemps comme le montraient ses cernes et réflexes amorphes. C'est à peine s'il réagit à notre arrivée fracassante.

« - Sennenryu : Quelle attitude répugnante.
- Kenshi : Je ne comprends pas, est-ce lui que tu voulais voir ? Qui est-il ? C'est à peine s'il à l'air de pouvoir parler et...
- ? : Et c'est à peine si je peux vous voir distinctement... Heureusement, mon ouïe est encore le dernier sens qui ne soit pas plus imbibé que moi. »

L'homme avait réagit étrangement vite, ayant réussir à me couper la parole alors que je le soupçonnais d'être incapable de comprendre ce que nous disions.

« - ? : Décidément, voilà trois jours que je n'ai pas bougé un seul cheveu de cet endroit et pourtant, cette fumée ne me fait pas plus d'effet qu'au début... Tout semble tellement faux.
- Sennenryu : Tu vois Kenshi, il a l'air d'être comme nous, sorti de son scénario et agonie. Cependant, c'est un vrai gâchis... mais nous ne sommes pas là pour ça, il est dit qu'il est l'homme le plus enclin à toutes les rumeurs qu'il peut y avoir dans cette cité et susceptible d'intéresser un quelconque client, il est donc celui qui a le plus de chances d'obtenir des informations nécessaires pour retrouver ton amie.
- ? : Dites moi mes garçons, vous semblez un peu jeunes pour fréquenter ce genre d'endroit, il serait étrange que votre destin ou je ne sais quoi encore vous ait un jour dicter un tel scénario. Ce genre d'endroit n'est pas pour les jolies petits minois comme les vôtres, je suis bien étonné qu'on vous ait laissé entrer, encore plus dans cette pièce qui m'a coûté mon toit. Laissez moi donc, j'ai encore le temps d'en profiter et je n'ai pas envie d'être dérangé par la gente masculine... D'ailleurs je ne suis pas encore assez enfumé pour être de ce bord là. »

Il prononça ces derniers mots en regardant Sennenryu tenant fermement mon poignet, ayant oublié de le lâcher à cause des énormes efforts qu'il faisait sur lui même pour ne pas tourner de l'œil. Son regard et ses sous-entendus eurent pour effet que tous deux retirâmes nos bras dans un geste rapide et instantané. Bien que la gêne de Sennenryu paraissait à son summum, il prit une grand inspiration et recommença à prendre l'initiative de la parole.

« - Sennenryu : Je te le demande bien que cette attitude et comportement sortis d'un contexte et d'un tout continu semble le prouver : Es-tu celui qu'on nomme Byabya ?
- Byabya : hmmm... me serais-je trompé ? Seriez-vous différents de
ce qu'on pourrait attendre vous... vous aussi êtes différents. Ça
pour être intéressant … surprenant. Toi par contre -oui toi le plus petit qui me regarde avec de gros yeux- tu es encore plus loin que nous pouvons l'être moi et ton ami encapuchonné. »

Je ne sais plus combien de fois j'ai bien pu le dire, mais ce monde est vraiment plus incroyable que tous mes rêves réunis. Après ma rencontre avec Sennenryu, voilà que je me trouvais en présence d'un
autre des héros dont j'ai tant fantasmé les prouesse à travers mes envies d'héroïsme comme peut en rêver un collégien normal, rêvant d'être comme celui qui plait à toutes les filles, le genre de garçon à qui l'on voudrait ressembler au moment de vous déclarer à celle que l'on aime. Bon d'accord, il est actuellement différent de la façon dont j'avais bien pu l'imaginer, mais c'est quand même lui, en chair -beaucoup en chair d'ailleurs tant il est dénudé- et en os. Il m'était impossible de détourner mon regard de lui, mon cerveau explosant dans mon crâne. Lui à présent, n'arrêtait pas de fixer ma plume que je tenais toujours dans ma main depuis que nous étions rentrés dans ces lieux.

« - Byabya : Dis moi, il n'est pas commun de tenir ce genre de chose dans un tel endroit, quelle utilisation cela peut-il donc avoir ? Mais surtout, quelle aura étrange autour d'un objet du quotidien aussi banal. Tu sais quoi, vu que tu ne cesses de fixer mon corps, je veux bien t'échanger un peu de plaisir si tu me donnes ta plume, qu'en dis-t...?
- Sennenryu : C'en est trop ! »

Sennenryu ne tenant plus, la provocation de Byabya ayant dépassé les limites du convenable, il jeta en sa direction d'un seul et même élan, une arme qu'il cachait sous sa cape. C'était une de ces épées comme j'admirais tant la technique, ces lames qui, se détractant, prenaient l'apparence d'un fouet-rapière bougeant au rythme meurtrier d'un serpent frappant sa proie, la déchirant avec précision. Alors que celle-ci s'apprêtait à le frapper en plein dans son visage impassible, il saisit d'un geste rapide au delà du surhumain la canne qui se trouvait à côté de lui et dans laquelle il avait déjà extrait une lame fine et travaillée qu'il brandit en direction de l'arme de Sennenryu, arrêtant son geste vers cette direction. La lame de Sennenryu s'arrêta net, comme figée dans le temps, avant d'être projetée par une aura aussi répulsive que la mort désarmant tout intrus de son souffle paralysant, reprenant sa forme originale. Mais Byabya... Ses yeux étaient à présent durs tandis que Sennenryu, surpris et calmé bien que sur le qui-vive, le défiait du
regard. L'arme de Byabya bien que tout juste sortie de sa garde et n'ayant frappé que dans le vide, laissait ruisseler en son extrémité un fluide sanguinaire encore frais, signe que cette lame avait servi il y a encore peu, ce qui en soit est plutôt étrange pour quelqu'un qui n'a pas bougé de cet endroit depuis trois jours.

« - Byabya : On dirait que tu en as bien assez de vivre, c'était bien la peine que le destin t'offre la chance qui a été la tienne de sortir de ce cercle continu et sans fin. Prépar...
- Kenshi : Arrêtez ! »

J'avais le souffle court, mais tout s'était passé si vite que je n'avais pas su comment réagir. Par réflexe, j'avais sorti le livre de mon sac, le tenant ouvert dans une main, brandissant la plume dans l'autre. En un instant, en même temps que mon cri était sorti sans que je ne le veuille, voilà que Sennenryu se retrouvait privé de tout geste par une toile d'araignée, visqueuse et collante qui se trouvait là comme si elle l'avait toujours été, tandis que des lianes étaient sorties des murs contre lesquels était le lit et s'étaient précipitées là où se trouvait Byabya en l'immobilisant de la même façon que Shizuka-neesan l'avait été à mon arrivée dans ce monde. De colère et sous le coup de l'émotion, une larme perlait dans le coin de chacun de mes yeux.

« - Kenshi : Vous... Vous ne pouvez pas vous battre ! Bon sang, tous deux étiez mes héros, vous n'êtes pas comme ça ! Alors maintenant, vous allez arrêter de vous conduire comme des imbéciles. Je... Byabya, nous avons besoin de ton aide.
- Tout ce que tu veux mon mignon. Dit-il avec un rictus amusé et
blasé, comme laissait supposait l'embêtement que provoquait le fait
d'être interdit de tout mouvement à cause d'un adolescent pleurnichard.

- Kenshi : Nous recherchons une personne, une fille que j'ai rencontré en arrivant ici, elle est comme nous et toi, elle a dit par ses propres mots qu'elle existait, j'imagine que c'est ce que tu appelles sortir du scénario de son destin. Je dois la retrouver, c'est tout ce qui compte pour moi actuellement et je suis prêt à tout pour. Si je te donne de quoi la reconnaître, serais-tu capable de me donner des informations sur elle ?
- Byabya : Hmm tu sa...

Je ne lui laissa pas l'occasion de terminer sa phrase. Je savais très bien que Byabya allait encore se jouer de moi et prendre du temps pour observer la tournure des choses avant de me répondre ce que je voulais entendre dès le début. Je me suis donc mis directement à marcher vers lui et il fut apparemment vexé comme un enfant boudeur, n'aimant pas quand on ne le laissait pas terminer ce qu'il avait à dire. Prenant mon stylo, je griffonnai sur une page vierge de mon livre une esquisse de Shizuka-neesan en marquant les détails me semblant importants et pouvant l'aider. A peine eut-il vu le dessin qu'il éclata de rire et que les larmes coulèrent naturellement et sombrement le long de son visage. Face à une telle réaction, mes pouvoirs perdirent de leur emprise et ils purent récupérer leur mobilité. Il se redressa et remit correctement son chapeau sur la tête, fermant sa chemise et étirant les manches de sa veste sur ses bras longilignes. Pour finir, il sortit du lit d'un petit bon assuré et se saisit de sa canne qui était restée dégainée sur celui-ci, la refermant et s'appuyant très légèrement dessus, il reprit d'un air sombre, les yeux cachés dans l'ombre de son chapeau.

« - Byabya : Vous ne devriez pas rester ici, les nuages vont bientôt s'assombrir et pourtant, si tu désires voir cette demoiselle pleine de grâce et d'assurance, tu devrais sortir d'ici, tu ne tarderas pas à la voir, on dirait qu'elle a été légèrement retardée mais finalement au rendez-vous. Ah, mes chéries -dit-il en se tournant vers les femmes sur son lit- si seulement vous saviez ce qui est sur le point de se produire... Si seulement l'histoire de votre vie vous avait dicté de fuir. Au moins, votre souvenir et mémoire disparaitront en même temps que ce petit paradis embrumé, mon geste vous ayant donné la possibilité de défier cette vie pleine de non-sens qui vous aura accompagné pour l'éternité. Voilà, ça commence.

Alors que je comprenais avec effroi que le sang sur la lame n'était autre que celui des jeunes femmes qui se trouvaient il y a encore peu à ses côtés, ainsi que leurs doigts jouant sur son ventre n'étaient autres que les derniers geste sde ces femmes agonisantes, une énorme déflagration fit voler la pièce en éclat, Sennenryu et moi-même nous protégeant comme nous le pouvions des débris tandis que Byabya avait quant à lui déjà disparu. La cité était en flamme, la panique et les cris s'entendant de par toutes les ruelles, venant des survivants pris de court et tentant de s'enfuir. Il n'existait pire horreur que la guerre et le fait de se retrouver en plein dans une situation identique a le don de vous faire perdre tout contrôle de la raison. Ni moi, ni Sennenryu ne savions quoi faire, faisant déjà de notre mieux pour éviter les décombres enflammés qui s'écroulaient un peu partout au dessus de nous. Je suis en plaine panique, jamais je n'ai voulu voir de mes propres yeux une telle chose, ce n'est pas possible que tout cela soit encore de ma faute, je n'ai rien fait pour mériter ça, je... je n'en peux plus, il faut que je parte, vite !
Alors que je paniquais, Sennenryu posa son bras et suggéra de s'éloigner au plus vite et de se rendre vers les sommets afin de pouvoir juger de la situation. Malgré la stupéfaction qui se lisait sur son visage, il faisait preuve d'un incroyable esprit d'observation, de calme et de réflexion, cherchant le meilleur moyen d'anticiper la suite pendant que nous courions vers les hauteurs. Une fois arrivé, mon corps fut paralysé par ce que je voyais. Une armée semblable à une vingtaine de mercenaires venait de mettre à feu et à sang une cité aussi majestueuse et impressionnante. Pire que tout, ce que je redoutais se présentait à la tête de ces mercenaires : Shizuka-neesan était parmi eux, à leur tête et pire, c'est elle qui avait mené l'attaque, les autres s'étant juste occupés des gardes tandis qu'elle s'était chargée de faire
s'écrouler la cité grâce à ses pouvoirs aussi étranges que sans limites. À ce moment là, la seule chose qui me vint en tête fut de me précipiter pour dégringoler la pente que j'avais gravi quelques instants avant pour demander à Shizuka-neesan ce qu'il s'était passé, persuadé malgré tout que c'était un concours de circonstances qui l'avait mené avec sa troupe sur les lieux juste après l'attaque de la cité, quand une ombre devant moi se chargea de m'arrêter, ayant placé avec violence le pommeau de sa canne au creux de mon estomac, me faisant poser le genoux à terre et lâcher une gerbe de bile au sol.

« - Byabya : Se suicider en se jetant dans la gueule du loup ne t'aidera pas à changer ce qu'il s'est passé. Tu n'es décidément qu'un gamin qui ne sait pas quand le moment est venu de lâcher prise.
- Kenshi : Byabya, tu es là ! Pourquoi es-tu parti ? Comment as-tu fais pour savoir ce qui allait se passer ?
- Byabya : Oula, ça fait beaucoup de question à la fo...?
- Kenshi : Comment as-tu pu partir en laissant tout le monde face à leur destin ?!! »

J'avais hurlé si fort et avec tant de colère que cela en coupa son arrogance et son assurance à Byabya et même Sennenryu, qui s'était mis volontairement en retrait dans la discussion, avala difficilement sa salive face à ma réaction soudaine. Les larmes perlaient avec ampleur et dégringolaient avec saccades le long de mes joues.

« - Kenshi : Tu... tu avais la possibilité de prévenir tous ses habitants... pourquoi *sigh* ...
- Byabya : Parce que c'était leur destin... Ici dans ce monde, tout est écrit à l'avance pour ceux qui « n'existent » pas, je suis plutôt bien placé pour savoir que sans cette condition, il est impossible de sauver ceux que l'on aime. Maintenant, si tu veux continuer à vivre ta vie comme tu le souhaites et pendant qu'il en est encore temps, tu ferais mieux de faire comme moi et de tirer un trait sur ce qu'il vient de se passer. Ce qui a été fait ici pourra bien être fait ailleurs, crois en mon expérience. »

Sur ces derniers mots, il leur jeta un dernier regard plein de pitié et tourna le pas avant de partir. Alors qu'il venait de parcourir une douzaine de mètres, je l'interrompis une dernière fois, toujours pris par la tournure incompréhensible des évènements.

- Kenshi : Je ne comprends pas.... comment peux-tu partir et tirer un trait comme si rien ne s'était passé... *snif*... Comment peux-tu laisser derrière toi tous tes souvenirs et les choses importantes à tes yeux qui t'attachaient à cette cité ? Comment peux-tu laisser tout ceux que tu aimes … ? Personne ne le pour...
- Byabya : L'expérience est bien plus instructive que de s'embourber dans des erreurs. Ce n'est malheureusement pas la première fois que cela m'arrive, j'ai dû faire un trait à tout attachement dans le passé au moment où j'ai eu le bonheur et le malheur de sortir du cocon de l'Histoire, laissant derrière moi, seuls à leur folie, ceux qui n'ont pas eu cette possibilité tout en me l'enviant à mourir, de vivre. Si tu souhaites faire quelque chose pour eux, tu n'as qu'à te servir de ces étranges pouvoir dont tu t'es servi dans la chambre privée du bar, moi je n'ai pas de telles choses, je ne peux que continuer, partir et recommenc...
- Kenshi : Les larmes que tu as eu lorsque je t'ai montré mon dessin... elles n'étaient pas là pour me plaindre... Elles venaient du plus profond de toi, de ton être. Comme Sennenryu, tu es et restes mon héros...
-Sennenryu : ...
-Kenshi : ... je sais que ton coeur est aimant et ses larmes qui ne m'étaient en réalité pas destinées l'étaient pour tous ceux que tu allais devoir quitter et à qui tu as fais preuve de ton amour par la plus terrible des épreuves. Byabya, tu n'es pas l'être froid et qui a renoncé à tout comme tu veux le faire croire, ces larmes et ta lames sont la preuve de ta compassion et de ton amour pour la cité et ses habitants, le dernier cadeau que tu pouvais leur faire avant les adieux.
- Byabya : … ...?
- Sennenryu : Byabya, viens avec nous ! Une fois que l'on est sorti du cercle continu de scénario de notre vie, on ne peut pas y retourner, tu le sais aussi bien que moi. Tu prétends pouvoir tirer un trait sur tout mais en réalité, tu ne peux t'empêcher de recommencer encore et encore de rentrer à nouveau dans le cercle de non-existence, en vain... »

Un court silence qui pourtant parut une éternité s'installa dans l'atmosphère pesante de la scène malgré toutes les émotions qui s'y bousculaient. Seul le rire de l'un d'entre nous vînt rompre le silence.

« - Byabya : haha... je me demande ce qui est plus pitoyable : que des
enfants pleurnichards me fassent la morale où bien le fait qu'ils me comprennent bien mieux que je ne me comprends moi-même... ? »

Les larmes semblaient vouloir couler le long de ses yeux pliés mais à la place, aussi naturellement qu'une première fois, un sourire d'innocence se dessina sur ses lèvres, un sourire aussi naturel qui nous fit sourire, moi et Sennenryu, à notre tour, instinctivement.

« - Byabya : Dis moi mon garçon, veux-tu toujours retrouver
ton amie ~~♥
- Kenshi : Hehe, bienvenue parmi nous Byabya, je m'appelle Masaki
Kenshi, 14 ans, ravi de t'avoir avec nous ! »

Monde 1 : La vie est-il un cadeau qu'on ne peut offrir qu'à la personne de son coeur ? (4)

Comme avec Sennenryu quelques heures auparavant, je venais de faire les explications de mon pouvoir, des raisons de tout ceci et de ma responsabilité dans tous les problèmes et l'anomalie de ce monde. Et c'est tout comme Sennenryu qu'au lieu de m'en vouloir, lui ne put s'empêcher de rigoler d'un rire léger et taquin. Il a beau nous qualifier d'enfants, je suis sûr qu'il n'est pas beaucoup plus âgé. Tiens, je ne me suis jamais posé la question mais est-ce que dans ce monde les gens vieillissent ? En attendant et après avoir réussi à calmer ce qui était devenu une crise de fou rire aussi rassurante que vexante, je lui fis une démonstration de mes pouvoirs et comme un enfant découvrant un nouveau jouet, il en redemandait sans cesse. Je le soupçonne d'avoir fait cela plus pour m'apprendre à vivre et à décomplexer de mon pouvoir que pour lui-même. Oh mais j'y pense, je n'ai jamais eu vraiment l'occasion de vous faire une description complète de Byabya et la dernière en question était.... en fait il n'a pas changé si ce n'est qu'une fois à jeun, il a meilleur mine, semble moins amorphe et porte ses habits avec une immense classe et élégance à n'en pas douter. Mais je m'égare dans les priorités, nous devions agir vite et décider de quoi faire au sujet de Shizuka-neesan qui à présent était rentrée dans la cité avec son armada. Aussi étrange que cela pouvait l'être, en sa présence, tous ceux qui auparavant se cachaient, hurlaient mécaniquement et fuyaient, s'arrêtaient net, et semblait tomber tout droit dans une léthargie de l'esprit pour n'être plus que des pantins sans envie. Chacun des mercenaires prit un prisonnier sur son dos, le reste qui aurait pu être facilement être exécuté, fit mine d'être
laissé à l'abandon tandis que tendant sa main devant elle, Shizuka-neesan déchira l'espace autour de celle-ci, créant une sorte de brèche sombre et déchirée. Les mercenaires avec leur prisonnier sur le dos s'y engouffrèrent sans se poser de question. Quand ce fut le tour de Shizuka-neesan de le faire, elle jeta un dernier coup d'œil à la cité en flammes. Persuadé que c'était moi qu'elle regardait, mon cœur ne fit qu'un bond. Alors que j'allais crier son nom plein d'espoir, elle s'engouffra à son tour dans la brèche, sans regarder à nouveau derrière elle autre chose que la déchirure dans l'espace se reformant dans sa parfaite intégrité. Mes espoirs s'effondraient à nouveau mais il faut croire que mes mésaventures de ces derniers temps avaient fini par endurcir ce petit cœur d'enfant au moins, moins facilement affecté par les évènements. La priorité était à présent de retrouver Shizuka-neesan afin de lui demander ce qu'il s'était passé et lui faire reprendre ses esprits afin de l'empêcher de nuire malgré elle.... je l'espère.
Tous trois, nous nous sommes empressés de nous rendre là où Shizuka-neesan avait encore fait une démonstration de ses pouvoirs. Comment allions-nous pouvoir faire pour la retrouver. Je jetai par réflexe un regard perplexe à Sennenryu afin qu'il me dise quoi faire mais au lieu de me répondre, il ne m'adressa qu'un sourire taquin (ayant enlevé sa capuche, il était tout de suite plus facile de décrire ses expressions). Le même manège se reproduisit avec Byabya. Il était temps que j'apprenne à prendre mes responsabilités, même si j'avais encore besoin de ceux qui avaient été un modèle pour moi dans le passé. Si j'étais responsable de tout ça et même de la naissance de Shizuka-neesan, je devrais bien pouvoir trouver une alternative similaire à ses pouvoirs. Il allait falloir que je me concentre. Sortant mon livre et ma plume, je
commençais à dessiner la brèche que nous avions vu dans les moindres détails. L'espace devant nous semblait ondulé comme il le fait soumis à la chaleur. Je continuais mon travail en notant cet fois tous les détails possibles, puisant dans mon imagination et la mémoire du livre pour compléter ce portail dans les moindres détails, achevant l'œuvre de ma plume. La même déchirure que celle qu'avait fait apparaître Shizuka-neesan apparut devant nous. Il faut dire que j'utilise à présent mes pouvoirs avec une certaine dextérité ne me rendant pas peu fier, comme si j'avais toujours fait ça. Moi et mes deux compagnons pouvions à présent emprunter la brèche ; j'espère juste qu'elle nous mènera à la même sortie que son utilisatrice précédente...

[La partie dans le chateau/donjon pour situer le cliché scénaristique. En gros, la partie où les héros vont finir par rencontrer le monde de son ennemi et son ennemi, va tenter d'entreprendre quelque chose, va échouer à nouveau et s'enfuir]

(shizuka essaye de libérer de force des personnes afin de les faire exister (comme avec l'hougyenku) ce qui donne naissance à des incomplets, capables de voir le changement des choses mais pas forcément de comprendre le fonctionnement)

[en gros, kenshi va agir comme la première fois avec shizuka (face à la wyvern) et va s'en vouloir, en larme, de n'avoir pu la sauver pour la deuxième fois consécutive, maudissant sa propre insignifiance malgré son pouvoir.]


Dernière édition par Byabya~~♥ le Jeu 10 Fév - 20:54, édité 3 fois
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